Matheux rime avec heureux

Selon une récente liste (elaee.com), les nombres rendent heureux ceux qui en vivent: le matheux vient en tête des gens «contents» de leur boulot. Mais qu’est un calcul et que dit un chiffre… mieux vaut ne pas poser la question… et juste être un joyeux matheux (voir p. ex. youtube.com/watch?v=5fdrDZmlpAM).

Ce qui «emballe» le plus un matheux, est-ce le jeu de cache-cache entre «nombre», «chiffre» et «numéro»? Ou, s’il devient statisticien, celui entre «données» et «faits»: ses «63,2%» de «satisfaction» disent-ils son «contentement», son «bonheur», sa «gaieté», sa «joie»… et surtout celle d’avoir dupé le public? Doit-on en conclure que deux matheux sont aux anges contre un au diable… ou qu’ils sont tous deux fois plus gais que tristes? La liste (citée plus haut) des métiers montre donc un matheux assez en forme, suivi de l’architecte: comme quoi la lourde pierre est un outil de travail aussi léger que le crayon. Un peu plus loin, le pro de la comm’ et autres gestion humaines. A peine moins gais que les quatre grosses têtes, les petites mains de l’aide aux soins, et… les grosses bottes du chef de chantier; le chimiste et le juriste passent encore la barre, contents à un peu plus de cinquante pour cent. Mais retour au matheux, qui peut résoudre mille problèmes – du labo à la banque - comme le montre le catalogue des débouchés (orientation.ch/dyn/show/1900?lang=fr&idx=30&id=759, onisep.fr/Toute-l-actualite-nationale/Decouvrir-les-metiers/Mars-2015/Zoom-sur-les-metiers-des-mathematiques-et-de-l-informatique, prospects.ac.uk/careers-advice/what-can-i-do-with-my-degree/mathematics).

Modes sans emploi, ou emplois sans mode?
Mais foin de problèmes à résoudre: pour un matheux, les équations sans solution sont les plus euphoriques. En prime, on peut «réussir» en maths sans savoir nommer la «bête»: une science, une langue, une forme… ou la logique faite signe… voire, le saint-esprit des sciences? Autre question moins facile à laisser de côté, au siècle des «compétences numériques» (ipthree.org et itu.int/digitalskills): la mathématique est-elle mère ou fille
de l’informatique (unu.edu/events/archive/seminar/a-new-perception-of-informatics.html, blog.mageekbox.net/?post/2013/03/01/Math%C3%A9matiques-informatique, blog.mageekbox.net/?post/2013/03/01/Mathématiques-informatique)? Chronos répond que c’est la «mère»; mais que pense Athéna? L’anglais «computer» veut dire «calculette»… tandis que l’«ordinateur» - même sans son homonyme religieux – rappelle que les nombres et les chiffres ne sont pas que des «grandeurs». Le «logiciel» aspire à un plus haut destin que le «software» (= «objet mou»)… même si la «logique» est le mirage des maths, où Bourbaki lui-même n’a pu mettre ses quartiers (bourbaki.ens.fr). Google n’est pas plus à l’aise avec Boole, et le cumul de mots clefs ne donne rien de ciblé. Faut-il pour autant – dès la petite école - fondre les cours de mathématique avec ceux d’informatique, voire de linguistique? Ce n’est, en tout cas, pas le mode de penser la «société de l’information» au «Centre universitaire d’informatique» (sommet du web: itu.int/net4/wsis/forum/2017/). Las! Depuis l’origine, la pédagogie de l’informatique a été plombée par les feux de paille et châteaux de sable… alors autant jeter un coup d’œil du côté de celle des mathématiques (unige.ch/fapse/dimage/files/2014/9605/3105/Symposium-Algebra-Geneva-7June17_002.pdf; voir aussi l’increvable reseau-canope.fr/mathematiques-stella-baruk/).

Des données très calculées
Voilà donc les questions qui germaient dans ma tête, en trottant du «sommet» cité plus haut à deux autres «forums» mondiaux du «e» (iot-week.eu; itu.int/en/ITU-T/AI), où seul un goupe de «Jedis» - perdus entre mille étoiles filantes - savaient de quoi ils parlaient (voir p. ex. Robert Kahn dans livescience.com/20727-internet-history.html). Ce qu’on a bien vu, toutefois à force de causer «big data» (p. ex. essex.ac.uk/iads), c’est que ni les «données», ni les «chiffres» ne font l’«information»: mieux vaut la garder pour nos enfants plus avisés (softwareheritage.org, intact.digital, zenado.org, fsfe.org). Faute d’être lucides, soyons sages… comptons jusqu’aux dix-sept «objectifs du développement durable» des Nations Unies… sinon visons leurs cent soixante-neuf «cibles» (un.org). Aux «sommets» onusiens sur l’information numérique, mon cœur a craqué pour deux Bengalis, dont un père aveugle qui a inventé de quoi lire des livres à sa fille (a2i.pmo.gov.bd et bmpt.du.ac.bd).

Boris Engelson

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Dernière mise à jour 16 / 10 / 17